Une erreur sur un terme lors d’une traduction peut se révéler préjudiciable et vous faire perdre un procès.

Il y a quelque temps, une avocate m’a appelée pour me demander comment je traduirais « termination of contract », en m’indiquant qu’un traducteur, mandaté par la partie adverse avait traduit par « rupture conventionnelle ».

Cette traduction,  qui ne parle que de « rupture de contrat », pouvait se révéler préjudiciable pour une des parties, car elle laissait présumer que la rupture émanait d’un accord, ce qui n’était pas indiqué sur le document. L’avocate m’a alors demandé de procéder à une nouvelle traduction intégrale du document, m’indiquant qu’elle avait relevé d’autres erreurs (ce que je n’ai pu constater, n’ayant pas voulu voir la traduction en question).

Chaque traduction risquait d’être contestée par l’autre partie, et j’ai pensé qu’une autre traduction serait ordonnée par le Tribunal statuant sur l’affaire pour départager les deux versions. Heureusement, le document était soumis au droit suisse, qui ne reconnait pas de « rupture conventionnelle ».

L’avocate a donc pu faire valoir ma traduction et faire rejeter l’autre traduction. Bien évidemment, tous les traducteurs (et même les traducteurs assermentés) peuvent réaliser des erreurs. Mais en l’occurrence, dans cette affaire, la traduction erronée aurait pu influencer les juges.

Il est donc important de bien choisir son traducteur assermenté pour limiter le risque d’erreur, et si malgré tout, une erreur se glisse dans une traduction, le traducteur a l’obligation d’être assuré pour couvrir ce risque et le préjudice que vous aurez potentiellement subi. L’attestation d’assurance est d’ailleurs une obligation lors de la demande quinquennale de réinscription auprès de la Cour d’Appel.

Traductrice assermentée depuis 2010, je possède une assurance responsabilité civile en cas de faute susceptible d’indemniser mes clients en cas de faute. A ce jour, ma responsabilité n’a jamais été engagée.